Review
Mobile à part dans la famille Symbian^3/Anna, le E6 permet à ce form factor d’aborder 2011 avec sérénité
Test
Depuis la consécration de l’iPhone 3G en 2008, un seul form factor semble avoir l’amour du public : le pavé tactile. Cependant il suffit de se balader dans la rue pour voir qu’un autre form factor semble avoir du succès, les téléphones à clavier AZERTY complet en façade, que je nommerai affectueusement le pavé AZERTY, dont les meilleurs représentants sont les Blackberry et les Nokia Eseries. Ce type d’appareil qui avait autrefois du succès dans les entreprises est aujourd’hui très prisé par une frange de la population en particulier, les jeunes qui utilisent à l’abus des sms et éventuellement d’autres services comme les réseaux sociaux par exemple. Or il faut bien avouer que depuis le BB9700 et le E72 les amateurs de pavés AZERTY n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent. D’autres constructeurs ont essayé de s’y mettre avec Android (Samsung Galaxy “pro” et HTC Chacha) mais ces modèles sont vraiment bas de gamme et pas très utilisables (résolution QVGA!). RIM attaquera à la rentrée avec le Blod 9900 mais c’est Nokia qui propose le premier un téléphone utilisant le form factor pavé AZERTY remis au gout du jour. Début de ce test dédié au Nokia E6.
Évidemment je me dois de comparer le E6 à son prédécesseur le E72 mais surtout à son illustre ancêtre le E71. L’ADN du E71 est toujours présent bien sûr. Un centimètre d’épaisseur pour environ 130, le fameux clavier en façade ainsi que les 4 touches de raccourcis vers les fonctions messagerie, contacts, agenda et le menu, un bouton entre les touches volume pour activer les commandes vocales, un écran d’environ 2.4 pouces et une batterie de 1500 mAh. Le tout dans une finition mélangeant de façon élégante plastique de qualité et acier inoxydable. Mais le E71 n’était pas sans défaut et le E72 a apporté des améliorations importantes au modèle original: Caméra de qualité, prise jack 3.5mm, un processeur deux fois plus puissant, plus d’espace sur la partition système et surtout la dernière itération de S60 3.2 qui lui permet d’avoir la dernière version d’Ovi maps ou encore du navigateur web. Si en 2011 vous donnez un E71 et un E72 à quelqu’un, il sera beaucoup plus à l’aise avec le E72 c’est un fait. Mais au final le E72 n’était qu’une amélioration, importante certes, d’un produit déjà très bon à la base.
Avec le E6 on pourrait dire que Nokia n’a apporté que 3 améliorations au E72, mais ces trois améliorations constituent un changement RADICAL par rapport à la formule originale. Il s’agit de:
- Un écran tactile VGA
- Symbian Anna
- Un capteur EDoF
Voyons voir comment ces nouveautés s’intègrent à l’ADN du E71
Lorsque j’ai ouvert la boite du E6 un étrange sentiment de familiarité m’a envahit. Non ce n’est pas le design à la E72 qui m’est revenu à l’esprit, mais celui de mon fidèle et toujours d’aplomb N86
Petite photo pour le plaisir.
Premier réflexe, chercher la batterie dans la boite, mettre ma SIM et la batterie puis allumer le téléphone. Mais pas cette fois. Cette fois mes yeux et mes doigts m’alertent, me disant qu’il faut d’abord observer le E6 lorsqu’il est encore endormi. En façade plusieurs choses ont changé. Symbian Anna oblige, les touches “options” et “retour” sont maintenant sur l’écran et ont donc disparu de la façade. L’espace vide a été mis à disposition des touches raccrocher/décrocher qui mises de part et d’autre du téléphone sont bien plus accessibles qu’avant. Les 4 touches d’accès rapide sont réparties autour du pad de direction en colonne et plus en ligne comme avant. Cette nouvelle disposition ne nuit en rien à leur utilisabilité. Et puis il y a le pad de direction. Si avant chaque direction avait à peu près la même taille que le bouton central ici ce n’est pas le cas.
Comme vous pouvez le voir sur la photo l’anneau est bien plus fin. Ce design s’intègre parfaitement avec le téléphone, imitant à la perfection l’apparence de la façade. Mais ce qui m’a le plus surpris ce sont les sensations que j’ai à l’utiliser. En effet, il y a une cassure à 90° entre le bouton central et les direction. Ainsi il est impossible de faire une mauvaise manipulation. Pas de continuité comme le N86 ou de touches inclinées comme les précédents ESeries, lorsque je pose mon doigt sur le pad du E6 je sais instantanément quelle partie est en contact avec mon pouce et je peux appuyer dessus l’esprit libre car je sais que ce pad ne me décevra pas. C’est vraiment et de loin le meilleur pad directionnel que je n’ai jamais touché sur un Nokia. Et j’en ai touché des Nokia.
Je n’ai pas grand chose à redire sur le clavier en façade, Nokia excelle toujours dans ce domaine. Je suis très satisfait de voir que contrairement au modèle QWERTY toutes les touches du clavier AZERTY ont une fonction secondaire. Le clavier est légèrement curviligne, s’intégrant encore mieux avec les lignes de l’appareil. On remarquera aussi que la barre espace est revenu à quatre emplacement après les 2 du E72. Une bonne décision si vous voulez mon avis. Un capteur de proximité vient lui aussi s’ajouter en façade, il est obligatoire maintenant que l’écran est tactile pour éviter d’interagir avec lors des coups de fil.
En dessous rien à part le chargeur 2 millimètre. Nokia laisse le choix aux possesseurs du E6 de charger leur appareil à l’ancienne ou par port USB et ça c’est bien. Sur la tranche gauche rien à part le port USB et la diode de chargement qui est un peu masquée par ce dernier. Si elle est toujours visible, elle gênera moins si vous rechargez le téléphone la nuit à coté de votre lit par rapport au N8 par exemple. L’emplacement du port SD a migré sur le dessus du téléphone à côté de la prise jack 3.5mm et du bouton on/off. A droite il y a les classiques touches de volume, la touche pour les commandes vocales plus un nouveau venu: un slide de verrouillage/déverrouillage. Il sert également à allumer la lampe torche en le maintenant 2 secondes, comme sur d’autres modèles sous S^3. A l’arrière enfin le capteur EDoF de 8 MPx, un flash double LED et le haut-parleur. Je reviendrai sur ces derniers un peu plus tard.
Un petit mot sur le packaging du E6. La boite est petite, vraiment petite mais assez complète. Nokia a eu la délicate intention de mettre un câble USB et des écouteurs blancs. Les écouteurs sont de qualité correcte mais ce ne sont pas des intra, ils n’arrêtent pas de tomber quand je les porte. Le “gros” manuel concerne la garantie et seul un petit dépliant d’une douzaine de pages constitue le mode d’emploi. Et j’ai envie de dire que c’est largement suffisant
Le chargeur fourni a la prise 2mm de Nokia, mais le téléphone se charge aussi par USB. J’aurai vraiment aimé que Nokia mette un adaptateur USB on the GO mais bon tans pis. Sur le modèle blanc l’arrière de l’appareil et donc la coque est gris clair. On aime ou on aime pas, moi j’apprécie et elle a ce petit côté alu anodisé du N8, elle résistera certainement mieux aux rayures que les coque miroir des E71/E72.
En terme de hardware c’est la même chose que que le reste de S^3: ARM11 à 680 MHz, 256mo de ram, BCM2727, 3G pentaband, wifi A/B/G/N, bluetooth 3 etc… Mention spécial à l’écran qui est vraiment facile à lire en plein soleil car il boost sa luminosité ce qui fait ressortir les blanc et garantit ainsi une excellente lisibilité grâce à un bon contraste. Et pour la première fois dans l’histoire des ESeries il y a le combo mémoire de masse + carte SD.
La visite est terminée, il est temps de démarrer l’appareil et de faire plus ample connaissance avec l’invité de marque: Anna.
Ici je ne vais pas m’intéresser à Anna en elle-même, je me réserve ça pour un prochain article car je remarque des nouveautés ça et là tous les jours. Ici je vais plutôt m’intéresser à voir comment S^3, qui à la base a été prévu pour des écrans plus grands (3.5 – 4 pouces) et une résolution différente (360×640) s’intègre dans un écran de 2.5 pouces et une résolution de 640×480. Et je dois bien avouer que Nokia a réussi son pari. En effet, l’ensemble des éléments affichés à l’écran est globalement de la même taille que ce qu’il y a sur un N8 par exemple ou en tout cas ils sont tous aisément manipulable au doigt.
Cela commence avec l’écran d’accueil. Évidemment qui dit écran plus petit dit moins de widget à placer par écran. Nokia a donc limité le nombre de widgets possibles sur chaque écran à trois. En contre partie il est possible d’avoir jusqu’à 5 écrans d’accueil soit un total de 15 widgets contre 18 pour le reste de la gamme S^3 soit relativement la même chose. Afin de conserver le ratio hauteur/largeur de chaque widget, 3 widgets sont toujours présents sur chaque écran: L’heure, le profil et les notifications. Ce dernier n’apparait que quand il y a quelque chose à afficher. Si cela peut vous paraitre étrange dites vous bien que l’heure et les notifications ont toujours été présentes sur les écran d’accueil des ESeries et que le passage au mode silencieux était avant possible en appuyant sur une touche. Le fait que ces fonctionnalités soient tout le monde présentes sur l’écran d’accueil se justifie donc d’un point de vu historique, ergonomique et technique et je valide complètement ce choix. La touche de fonction droite qui sur les autres appareils de la gamme permet de passer des coup de fil est ici utilisée pour le menu. Compréhensible étant donnée que le E6 a toute ces touches en hardware. Pour le reste de l’écran d’accueil il n’y a pas de différence par rapport à S^3/Anna.
Dans le menu on remarque que le E6 fonctionne exclusivement en mode paysage. Pour adapter le menu au ratio 4/3 le menu est passé d’un arrangement de 2×6 à 3×4, rappelant S60. Les icônes ont l’air bien et le texte en dessous est parfaitement lisible. La partie du milieu de la barre du bas permet d’accéder à quelques fonctionnalités très rapidement. La nature schizophrénique du E6 prend ici tout son sens car c’est à partir de ce moment là que je me suis rendu compte qu’il était possible interagir avec l’interface aussi bien au doigt qu’au pad. Attention cependant cela ne veut pas dire que les deux expériences sont égales partout. Par exemple dans le calendrier je trouve que le pad est beaucoup plus efficace à cause de la faible taille des éléments à viser au doigt (les jours du mois). Par contre pour la galerie le tactile est maitre. En quelques heures d’utilisation j’avais déjà pris mes marques et croyez le ou non mais c’est bien le tactile que j’utilise le plus avec le E6. Le pad ne me sert que très rarement, pour déverrouiller l’appareil ou manipuler l’agenda principalement.
Pour le reste et bah…. pas grand chose, tout marche comme on s’y attendrait de la part de Anna, ça réagit bien, le tactile répond parfaitement, le multi touch dans la galerie l’agenda ou le web marche bien malgré la taille de l’écran, le fait d’avoir un clavier AZERTY en permanence permet quelques raccourcis comme la recherche de contacts. Ils sont aussi utilisés dans Opera Mobile par exemple. La gestion de plusieurs calendriers qui faisait défaut à S60 est maintenant présente. ESeries oblige, le menu principal a été légèrement réarrangé avec les e-mail et le dossier bureau présent à la racine et non pas dans le dossier Applications. Autre petit truc agréable à voir, le multitâche prend tout l’écran sur le E6, encore une décision de bon sens.
Vous l’aurez donc compris, Anna est tellement bonne sur le E6 que l’utilisation du téléphone s’en retrouve radicalement changé par rapport au E71/E72. Voir l’écran tactile du E6 comme un “plus” serait se voiler la face, l’écran tactile est la meilleure chose que Nokia pouvait ajouter à ce form factor bien connu. Le clavier reste là en avant garde, prêt à être utiliser dès qu’il faudra taper du texte et il est redoutable à cette tache mais lui et le pad ne sont plus les éléments principaux d’interaction avec l’appareil. Anna apporte de son côté un vrai vent de fraicheur, fluidifiant et maximisant tout le potentiel de l’expérience.
Tant qu’à parler de software parlons aussi du reste du package fourni avec le E6. Il est très complet et inclus notamment F-Secure, Font Magnifier (pour augmenter la taille de la police), Quickoffice en version edition, une appli intranet (pas eu l’occasion de l’essayer), on peut se connecter à un VPN (que les IP-Sec apparemment), Psiloc traveler (ça doit être un truc pour les avions), JoikuSpot en version premium et bien sur la synchro Exchange disponible sur tous les appareils S^3.
Un package assez complet doublé par les capacités multimédia du E6 qui sont sans comparaison possible avec ses prédécesseurs.
Si on regarde bien, les ESeries n’ont jamais été bon en multimédia. Ils lisaient les MP3 et le E72 prenait de bon cliché avec son APN de 5 MPx mais à part ça c’était le néant le plus total. Or depuis la sortie de S^3 tous les appareils de la gamme ont exactement les mêmes aptitudes à ce niveau et Nokia a eu la bonne idée de ne pas les brider. Donc maintenant la gamme ESeries peut enfin dire bonjour aux vidéo divx avec prise en charge des sous-titres, à la géolocalisation des photos, à des vidéos enfin dignes de ce nom (le E72 faisait du VGA à 15 FPS) en 720P à 25 FPS (et 30 via une application). Le son est également très bon avec l’utilisation des même micros numériques que le N8.
Ci dessous quelques clichés et vidéos que j’ai pris:
L’application caméra est la même que sur les autres appareils S^3/Anna, adaptée au E6. Une pression sur le pad prendra la photo. Une astuce: Ne relevez le doigt que quand la photo a été prise, cela créera moins de mouvement et la photo n’en sera que plus nette. Alors le sujet qui fâche: le capteur EDoF. Oui il ne prend pas de macro et il faut être à à peu près 50 centimètre du sujet pour que la photo soit nette. Mais personnellement vu ce que je prends comme macro jamais je n’échangerai le EDoF du E6 contre l’APN du E72. Par contre si vous ne pouvez pas vous en passer parce que vous passez votre temps à prendre des documents en photo, bah là c’est perdu.
En plus de ça le E6 hérite du lecteur musical de S^3. Mode paysage oblige ça sera “Cover Flow” pour tout le monde, les seules listes apparaissant pour les catégorie “genre” et “morceaux”. Le haut parleur est bon, pas exceptionnel mais dans la bonne moyenne, bien meilleur que ce que proposent les HTC par exemple. Shazam est aussi installé d’origine. Les éditeurs de photos et de vidéo sont également présent. Pour avoir fait le test je n’ai eu aucun problème à rogner une image depuis le E6 alors que j’étais en train de marcher.
Ce tableau presque parfait du E6 ne pouvait pas se terminer sans une note négative. Le E6 se trouve dans une salle position. Sa résolution d’écran particulière et le fait qu’il soit tout le temps en mode paysage font que lorsqu’on va sur l’OVI Store c’est le désert le plus totale, un violent retour à S60. Le seul truc un peu sympa par rapport à S60 3.2 c’est qu’on peut avoir Angry Birds (le premier) et Linked In. Après il ne reste que les applications que l’on connaissait déjà sur S60 (Opera, Gravity, Nimbuzz, Skype, Radio Internet, Podcatcher, etc…) mais rien de fou. Je dédierai un article à ce propos car il y a des moyens de s’en sortir, il faudra juste fouiller un peu plus. Par contre gros problème pour moi, pas de Spotify, j’ai du me rabattre sur Deezer.
Dans tous les cas, n’attendez pas du E6 la même quantité d’application que les autres appareils Sous S^3/Anna.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce E6 m’a carrément emballé!
Nokia signe là un coup de maitre montrant à la terre entière comment faire des pavés AZERTY de qualité en 2011 (oui toi cher constructeur Android c’est toi que je regarde). Si les opérateurs n’étaient pas en train de boycotter Nokia le E6 aurait même pu avoir du succès. Le hardware est toujours autant superbe et l’OS (Anna) tourne parfaitement dessus. J’apprécie aussi que – pour la première fois – le E6 dispose d’une mémoire de masse en plus du port SD. Fini l’époque où les ESeries n’était bon qu’à taper du texte, le E6 propose toute la saveur de S^3/Anna dans une version raffinée de l’enveloppe du mythique E71. Par contre bien sur si vous ne pouvez pas vivre sans un écran de quatre pouces passez votre chemin.
Je n’avais jamais vraiment aimé les pavés AZERTY mais maintenant qu’il y a un écran tactile, Anna et un APN correcte je ne vois pas de raison de le bouder. Il ne remplacera pas mon N8 car son APN n’en a pas le niveau et le faible nombre d’applications disponibles pourrait me gêner à terme, même si dans l’immédiat je n’ai pas trop ce problème. Cela fait maintenant 4 jours que je n’utilise que le E6 et je suis absolument conquis. Je ne trouve plus aucune raison de garder les E71 et E72. Si vous aimez ce type de smartphone et que vous souhaitez un remplaçant ne cherchez plus et foncez sur le E6, il n’y a aucune autre alternative à l’heure actuelle qui atteigne ce niveau de qualité.
Spécifications
- OS Symbian Anna
- Ecran LCD IPS de 2.46 pouces(640×480pixels)
- Dimensions: 115.5 x 59 x 10.5 mm
- 133 grammes
- Processeur ARM 11 à 680 MHz + accélérateur graphique BCM 2727
- Capteur 8 mégapixels EDoF avec flash double led
- Enregistrement vidéo 720p (25 images/sec)
- Mémoire: C:/340Mo, RAM/256Mo, mémoire de masse 8Go + carte SD (jusqu’à 32Go)
- Bluetooth 3.0, jack 3.5mm, Micro-USB, Wifi b,g,n
- Batterie: 1500 mAh (BP-4L)
- USB-on-the-Go (cable non fourni), Sortie TV (pas HDMI)
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