Review

A

vant de débuter ce test du Nokia E7, j’aimerais expliquer pourquoi il s’insère dans un contexte très particulier.

Nous avons découvert officiellement le E7 lors du Nokia World 2010 il y a déjà 6 mois. Même si ce n’est pas l’appareil qui nous a le plus bluffé, il faut avouer que nous n’étions pas resté insensible à son superbe écran 4 pouces Clear Black Display (CBD pour les intimes) et son clavier king size qui ne demandait qu’à être tapé ;-)

Puis nous avons rapidement vu se dégager une tendance qui consistait pour de nombreux visiteurs du site à attendre le E7 comme le messie. Une impatience qui ne nous semblait pas forcément mérité et qui nous a poussé à expliquer pourquoi le E7 n’était pas un N8 à clavier.

Malgré cela vous étiez encore nombreux à vouloir ce E7 et à vous plaindre de ses retards successifs. Puis vint le 11 février 2011 et l’annonce de l’alliance Nokia-Microsoft. Soudain, le E7 a semblé perdre 100% du sex appeal dont il bénéficiait 1 jour avant.

Aussi il ne nous semblait pas pertinent d’aborder ce test comme nous l’aurions traité avant le 11 février. La donne a changé et alors que le E7 est attendu en France courant Avril (sans plus de précisions) il nous semblait important de répondre à la simple question :

Avez-vous raison d’attendre (ou ne plus attendre) le Nokia E7 ?

Réponse dans ce test….

 

Un hardware d’exception

Inutile de tourner autour du pot, la qualité de fabrication du E7 est phénoménale. Semblable au N8 sur la plupart des points c’est vrai mais le fait de maintenir ce niveau de finition et de solidité sur un tel form factor est pour moi un coup de maître. En sortant ses 1ers sliders il y a plusieurs années, Nokia était vivement critiqué par la qualité de fabrication de ces derniers, le N95 était lui-même un bon exemple. Et voir le progrès réalisé par Nokia en 4 ans et la manière dont le fabricant est parvenu à maîtriser comme personne ce système d’ouverture – qu’il n’a pas inventé – introduit sur son N97 est remarquable.

Outre le mécanisme de slide, c’est l’intégralité du corps de l’appareil en aluminium qui respire la solidité. L’écran CBD est sublime et les fonds d’écrans par défaut sont là pour nous le rappeler dès qu’on prend l’appareil en main. Quelques détails sont mieux pensés que sur le N8 comme la carte SIM qui se loge dans un tiroir métallique – comme sur les iPhones – au lieu du vilain cache en plastique utilisé sur le N8.

Impossible de faire l’impasse sur le clavier, ce superbe clavier de 42 touches réparties sur 4 colonnes. Tout y est : Ctrl, Alt, retour à la ligne, effacement, @ (accessible sans combinaison). La barre d’espace est centrale et confortable, chaque touche en gomme dur est assez grande et bien espacée des autres. Le « retour tactile » lorsqu’on prend ce clavier en main est excellent et ne dénote pas avec le sentiment de qualité et de solidité qui domine cet E7. Note : mon E7 est en Qwerty car au moment où je rédige ce test, il n’existe pas de version Azerty commercialisée. On prend très vite en main le clavier et c’est un vrai plaisir que d’y taper du texte – même long. L’absence de vrai pad ne manque absolument pas car entre les touches directionelles dédiées et l’écran s’opèrent une bonne complémentarité.

J’ai aussi pas mal apprécié le fait que TOUTES les touches du clavier peuvent être utilisées comme raccourcis dans l’interface. Certes elles ne sont pas toutes d’importance égale et on ne peut pas les configurer – ce qui est très regrettable – mais en tous cas la fonction est utilisée à fond. Tous les raccourcis sont détaillés dans le guide d’utilisation et également dans les menus des applications.

Ainsi dans l’application mail :

« C » sert à composer
« S » sert à chercher
« Z » sert à synchroniser
« H » pour l’aide

En terme d’ergonomie l’un des plus gros reproche que je ferais au E7 comparé au N8 est la position centrale de sa touche menu. Ce n’est absolument pas ergonomique ! « Oui mais sur ton iPhone Greg, elle est aussi au milieu la touche de menu et ça ne semble pas trop te déranger ! »

Bon point cher lecteur ! En fait sur l’iPhone la touche est ronde et renfoncée du coup elle accueille parfaitement le pouce. Sur le E7 au contraire elle est en relief et inclinée. Elle ne tombe pas sous le pouce comme c’est le cas pour le N8. Bref c’est assez difficile à expliquer et cela ne dérange peut-être que moi mais voilà mon ressentis.

Autre nouveauté les touches de volumes sont remplacées par une touche similaire à celle utilisée pour le verrouillage de l’appareil. Un peu déroutant mais on prend vite le plis. Je terminerais bien entendu par l’écran. Certainement le plus beau que j’ai vu sur un mobile Nokia ! Cela ne vaut pas le Super Amoled de Samsung mais croyez moi on s’en rapproche.

J’avais déjà bien aimé le CBD sur le Nokia C6-01 mais il faut dire que sur un écran de 4 pouces, les capacités de cette technologie sont sublimées. Bref le E7 se hisse au niveau des standards du N8 et ce dans des dimensions et un form factor différents.

Symbian 3 a l’épreuve des pros

Après un N8 essentiellement axé autour du multimedia, le E7 est le premier appareil de la gamme Symbian^3 a cibler intentionnellement les professionnels.

C’est rappelons le, le 1er communicator depuis le E90 en 2007. Une gamme apparue en 1996 et qui a connu son heure de gloire dans les années 2000. Elle incarnait pour de nombreux professionnels le top du bureau mobile. Les communicator appuyaient leur légitimité sur deux éléments : le couple clavier/écran et les spécificités logicielles.

Quelles sont les spécificités logicielles du E7 ?

Il dispose de la version 6.4 de Quick Office qui permet de créer et éditer des documents Office (Word, Excel et Powerpoint. C’est bien car ce n’était pas le cas du E90.

Il dispose d’une fonctionnalité de verrouillage à distance (par SMS).

Il dispose d’Office Communicator qui permet la messagerie instantanée au sein de votre entreprise de manière sécurisée.

L’application Vlingo qui permet de dicter encore plus de choses à votre mobile (recherche Google, SMS, mise a jour de status… mais il ne prend pas en charge le Français.

C’est à peu près tout. Comme je le mentionne dans la vidéo j’aurais bien aimé la présence d’un scanner de documents mais le capteur de l’appareil ne l’aurait pas permis et j’aurais apprécié également une optimisation au niveau de l’agenda ou encore le cryptage des données.

Bref ce Communicator a l’essentiel mais Nokia aurait pu mieux faire. Je pense notamment à l’inclusion de la solution « Mobile Documents » de Visarc qui est mise en avant sur le betalabs depuis plusieurs mois et qui est une solution de push mail alliée à un service de cloud assez complète et performante de ce que j’en ai vu. Toutefois rien qui ne soit très grave et pas rattrapable après un passage rapide sur l’Ovi Store.

Multimedia : d’un extrême à l’autre

Il y a plusieurs semaines nous écrivions que le E7 était l’appareil le plus multimedia jamais proposé par Nokia dans sa gamme Business. Après 1 mois d’utilisation nous n’avons pas changé d’avis. Qu’il s’agisse de sa compatibilité Divx, de sa sortie HDMI (qui fonctionne impeccablement avec Nokia Big Screen) ou encore de son lecteur audio qui gère le coverflow sur des centaines de morceaux.

Je ne m’attarderais pas sur l’absence de transmetteur FM car c’est je pense encore aujourd’hui un élément réservé aux Nseries. Toutefois c’est aussi la raison principale pour laquelle je vendrais mon E7 et garderais le N8. Rappelons que le E7 a bien la radio FM.

Non c’est vraiment le capteur photo Edof et ses résultats à moins d’un mètre, qui m’agacent et viennent gâcher le tableau. Un pro a besoin de prendre de plus en plus de photos (il m’est arrivé encore plusieurs fois ces derniers mois de voir des dépanneurs encore équipés de N95) et la photo rapprochée ou macro n’est pas une demande de Geek pour photographier des fleurs mais bien un besoin élémentaire pour certains. Oser proposer une solution pro qui fait l’impasse là-dessus est une erreur de ma part.

Certes à plus d’un mètre les photos sont assez bonnes et les vidéos franchement pas mal donc si vos besoins n’impliquent pas de prendre des photos en macro, cela devrait être tout à fait satisfaisant – voire même dans la moyenne haute des autres smartphones 8 mégapixels enregistrant de la HD. Je me devais de le préciser.

Notons enfin la présence des éditeurs photos et vidéos qu’on trouvait depuis le Nokia N8. Bon point également de la part de Nokia.

En résumé le E7 propose des capacités multimédia qui feraient pleurer un possesseur d’iPhone 4 (HDMI, divx…). Il est moins complet qu’un N8 mais pour beaucoup je pense que le standard établis sur cet appareil pro suffira.

Quels concurrents ?

Après l’annonce du 11 février vous êtes nombreux à avoir rayé le E7 de votre geek list sous le coup de la colère. Toutefois, plutôt que de condamner un appareil aujourd’hui parce qu’il repose sur un OS de transition, posons nous les bonnes questions :

Quels sont les concurrents du E7 (même positionnement et format)?
Combien de temps vais-je garder mon mobile ?
Qu’est-ce qui peux/va changer sur le E7 durant cette période ?

J’ai établis une short list de concurrents potentiels pour le E7. Objectif : présenter les alternatives en clavier complet au format paysage sur les différents OS du marché.

Sony Ericsson Xperia Pro – Android
Motorola Milestone 2 – Android
HTC Desire Z – Android
HTC 7 Pro – Windows Phone 7

Je vais essayer de vous proposer un tableau comparatif détaillé de ces appareils mais en attendant voici ce qui en ressort :

Le E7 est le seul smartphone sous ce format à proposer un écran 4 pouces et la compatibilité native avec le format Divx. Seul le Sony Ericsson Xperia Pro propose également la sortie HDMI mais pour l’avoir eu en main, la finition est beaucoup moins bonne. Le E7 a la meilleure finition de tous les appareils à clavier actuellement sur le marché. Enfin c’est le seul à proposer la fonctionnalité USB on the go et le Bluetooth en version 3.

En revanche c’est le seul à ne pas avoir de mémoire extensible via Micro SD et à offrir une si petite résolution d’écran (le record étant tenu par les Xperia Pro et Milestone 2 avec 480×854 pixels).

Niveau logithèque, ce sont évidemment les appareils sous Android les mieux garnis même si on trouve du choix sur toutes les plateformes.

En résumé si la taille et la qualité de l’écran sont importants pour vous (plus que la résolution) que vous souhaitez un excellent clavier et une finition premium, le E7 est le meilleur choix. Si l’aspect « ouvert » et multimedia est important c’est également celui que je vous recommanderais. Si au contraire vous recherchez un bureau mobile avec accès au vrai web dans de bonnes conditions, je vous recommanderais les appareils Android grâce à leurs navigateurs plus complets.

Alors ? J’achète ou pas ?

Nous arrivons à la fin de ce test et l’heure est venue de choisir (ou pas ;-) ).

Ah la question « le Nokia E7 est-il has been ? » je répondrais sans aucune hésitation non. Ce mobile est (très) beau, il offre selon moi le meilleur format avec son écran incliné et permet certaines choses que ses concurrents ne pourront jamais faire (genre branchement en HDMI pour mater un divx HD ou connecter des clés ou accessoires en USB). Il est également le seul qui vous permettra de vous différencier du fait des nombreux coloris disponibles et des fortes capacités de personnalisation de Symbian^3.

J’ai également apprécié la qualité du GPS via Ovi Maps qui contrairement à mon N8 fixe le signal très rapidement en mode hors connexion. Ideal si on utilise pas mal le GPS à l’étranger ou si on ne dispose pas de forfait internet.

Concernant les évolutions de Symbian: Symbian va continuer d’évoluer tant en termes de fonctions et d’interfaces et vous pourriez passer beaucoup de temps avec ce mobile (je connais des personnes utilisant encore le Nokia E90). Si vous aimez Symbian et ne vous retrouvez dans aucun autre OS aujourd’hui, le E7 est un excellent appareil selon moi. Rares sont les appareils proposant un tel clavier et une telle finition.

Au contraire si vous êtes un Geek qui change souvent de mobile -tous les ans ou moins – le E7 n’est pas à exclure non plus car – même si Symbian entre en phase de transition vers Windows Phone – Nokia doit (et va) faire évoluer son OS dans les prochains mois. Vous n’achetez donc pas un appareil mort né comme le N900 à son époque.

Après si vous êtes attirés par les sirènes d’iOS ou Android, voulez avoir accès à une meilleure expérience web et que certaines applications qui vous sont essentielles sont absentes de Symbian, vous remarquerez que le choix dans ce format est plutôt limité. Pour autant des appareils comme le Dezire Z de HTC sont de belles machines qui pourraient proposer un compromis intéressant – même si moins doués en multimédia.

A propos du test vidéo

Vous avez été très nombreux à réagir en commentaires ou sur Twitter à notre test vidéo et plus particulièrement au fait que l’appareil a planté au cours du test. J’ai eu beau expliqué que c’était son 1er et seul plantage en 3 semaines d’utilisation, beaucoup n’ont retenus que cela. Le poids des mots vs le choc des images ?

Je tenais à revenir ici sur ce test, ce plantage d’autant que de nouveaux évènements sont venus changer la donne.

Fallait-il couper la séquence ou refaire le test ?

Sur ce point là je suis catégorique : non ! Retourner une séquence sous prétexte qu’elle ne montre pas la meilleure image d’un appareil, je ne l’ai jamais fait sur SymbianFrance en 5 ans ½ et je ne comptais pas commencer avec le Nokia E7. Nous sommes sur SymbianFrance et pas sur le site officiel de Nokia.

Freeze ou plantage ?

Personnellement je comptais en rester là jusqu’à un commentaire de Raphael Servant. Dans ce commentaire Raphael me rappelle – car je l’avais oublié – qu’il s’agit d’un comportement normal sur le E7 que de redémarrer lorsqu’on retire la SIM alors que le mobile est en veille.

Un autre lecteur (Le Klingon) revient sur la vidéo et constate que le freeze apparaît avant que je retire la SIM mais qu’effectivement le reboot est consécutif à l’extraction de la SIM.

J’ai revu la vidéo en détail et ait tenté de reproduire l’opération ce week end sur le E7 et effectivement ce dernier reboot (avec un message d’avertissement) lorsqu’on lui retire sa SIM ce qui n’est donc pas un bug mais un comportement normal (d’où le message d’avertissement).

Donc oui le freeze était involontaire et consécutif à un léger plantage mais le redémarrage ne s’explique que par le fait d’avoir ôter brusquement la SIM.
Je vais tenter de publier une vidéo explicative mais j’espère en attendant avoir fait la lumière sur cette affaire.

 

Pour résumé : 

      • je n’ai aucun intérêt à cacher un plantage
      • si j’avais voulu le cacher j’aurais retourné la vidéo
      • donc lorsque je dis que c’est son seul plantage je ne vois pas pourquoi je ne serais pas crédible
      • le téléphone a subit un léger freeze de l’écran d’accueil
      • le reboot s’explique par le fait d’avoir ôter la SIM


Test du Nokia E7 par symbianfrance
Vous appréciez cet article ? Suivez-nous sur Twitter, Google + ou devenez fan sur Facebook pour recevoir les prochaines news de NokiaPhones.




About the Author

Greg
Co-fondateur de NokiaPhones. Passionné de technologies mobiles en général et de photographie j'aime partager mes découvertes. Suivez-moi sur Twitter: http://www.twitter.com/cliboub